outils


Afin de procéder au traitement thermique de mes lames de couteau je me suis construit une petite forge à gaz plus pratique que toute la mise en œuvre autour du barbecue (voir article ici).

DSCF7823Pour ce faire on a besoin de : un grosse boite de conserve, un bruleur de chalumeau, du mortier réfractaire et des équerres si on veut fixer la forge sur un socle.

DSCF7824On fixe les équerres avec des écrous. Et on perce la boite pour ficher le bruleur.

DSCF7825Après avoir protégé le bruleur avec du scotch, on peut couler le mortier réfractaire. Une fois qu’on a bien tapissé le fond (5cm environ) on met une bouteille plastique remplie d’eau pour réserver le foyer et on coule sur les bords. On laisse sécher une bonne semaine, puis on enlève la bouteille (ne pas hésiter à l’attaquer au cutter) et on re-laisse sécher encore une bonne dizaine de jours.

DSCF8131L’heure de la première chauffe a sonné. Après avoir retiré le scotch du bruleur et enfiché le chalumeau il n’y a plus qu’à allumer. Attention au retour de flamme ! Il vaut mieux utiliser une longue allumette ou un pic en bois de brochette. Bien entendu de bons gants en cuir et des lunettes de protection ne sont pas du luxe.

DSCF8133Et la flamme fut !
Comme mon foyer est un peut grand la flamme avait tendance à se disperser un peu. J’ai donc rajouté un bout de carrelage et maintenant ça marche parfaitement.
Si c’était à refaire, je placerais juste le bruleur plus prêt de l’entrée afin de pouvoir chauffer intégralement des pièces un peu plus longues.

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forge1Ceux qui me suivent sur facebook, savent que je travaille à la réalisation d’un couteau. Nous reviendrons plus tard sur les détails cette fabrication pour nous concentrer aujourd’hui sur le foyer de forge et ses utilisations.
Pour ce premier couteau, je ne forge pas le métal, je n’ai pour l’instant ni le savoir faire ni le matériel (enclume etc…) et pourtant je vais quand même avoir besoin du feu pour les traitements thermiques de l’acier.

Après avoir lu tout un tas de choses, je vais essayer d’être le plus claire possible quitte à faire quelques approximations.  Pour des information plus précises, voir les liens en fin d’articles et rendez-vous sur google, wikipedia etc…

J’ai découpé ma lame dans un morceau d’acier de récupération dont je ne sais absolument rien. Je vais donc lui appliquer 4 traitements thermiques avec des températures « au jugé ».

1) la normalisation : comme je ne sais rien ce ce bout de métal, je pars sur le principe qu’il a peut-être été chauffé, tordu, frappé, martyrisé dans son enfance.  Afin d’effacer de sa mémoire atomique tous ces traumatismes, je le chauffe au rouge et je le refroidis à l’air ambiant.

2) le recuit (ou détrempe) :  En essayant de le limer je me suis rendu compte que cet acier est très dur donc, sans doute, trempé. Pour le rendre plus « mou » et facile à travailler, il faut le chauffer au rouge et faire en sorte qu’il refroidisse le plus doucement possible. Pour ma part je l’ai plongé dans un sceau remplis de chaux. On peut aussi utiliser d’autre matériaux isolants comme du sable (parfaitement sec) ou (c’est le top) de la pouzzolane. On laisse refroidir tout doucement jusqu’au lendemain.

3) la trempe : Après avoir mis en forme la lame on va lui (re)donner sa dureté grâce à l’opération la plus connue : la trempe. Pour cela on chauffe au rouge cerise (pour vérifier que la température est la bonne on peut approcher un aimant : il ne doit plus coller) puis directement tremper le métal dans un bain d’huile végétale. Il ne faut pas perdre de temps entre la sortie du foyer et la tempe sinon les parties fines auront le temps de refroidir et ne seront pas trempées. Il est conseillé de chauffer un peu l’huile pour éviter un trop gros choc au métal. Pour ça, j’ai fais chauffer un gros galet que j’ai plongé dedans. A moment de la trempe, l’huile prend souvent feu en surface. Rien de grave ça s’éteint normalement tout seul. Néanmoins il vaut mieux toujours utiliser une bonne quantité d’huile (5/6 litres pour des objets de petite taille), la mettre dans un récipient en métal (j’ai pris un pot de peinture) et avoir un couvercle à portée de main pour étouffer le feu si nécessaire. Rappel important : ne JAMAIS essayer d’éteindre de l’huile en feu avec de l’eau.

4) le revenu : il permet de réduire les tensions internes dues au choc de la tempe et solidifier ainsi le métal. Pour ce traitement plus de feu : une heure à 250° dans le four de cuisine.

forge2Au niveau du matériel nécessaire,  rien de bien sorcier. Un bac d’huile (nous l’avons vus), des pinces pour manipuler le métal chaud (il vaut mieux en avoir avec des manches assez long), et les protections de rigueur : gants de cuir, lunettes, vêtement épais en coton (ou, mieux, un tablier de cuir). Et puis il faut le fameux foyer de forge.

Il en existe qui chauffent à toute sorte de combustible : gaz, électricité, charbon… Leur point commun : un prix incroyablement élevé même pour du matériel  semi-pro. Alors, comme d’habitude, on s’arrange avec les moyens du bord. Pour ce premier essai j’ai voulu faire simple : des morceau de dalles de terre cuite pour réduire le foyer, un fond (en terre cuite aussi) pour protéger la fonte du barbecue de la chaleur extrême, et du charbon de bois.

Mais qui a déjà cuit ses merguez sur un feu sait qu’on n’atteint (heureusement)  pas les 800° nécessaires avec du charbon. Pourquoi ? Parce qu’on manque de comburant ! L’air ! Pour monter en température il faut pulser de l’air au cœur du foyer.  On a tous en tête l’image de la forge du moyen-age avec l’énorme soufflet.  Pour insuffler de l’air à mon feu j’ai tout bêtement utilisé un sèche cheveux fixé au bout d’un long tuyaux métallique (pour le protéger de la chaleur). Au niveau de la jonction sèche-cheveux / tuyau, j’ai étanchéifié avec du scotch. J’ai également écrasé (à la masse) le bout du tuyau pour concentrer le flux d’air.forge4

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On allume comme un feu standard (papier journal) et dès que ça commence à prendre on peut lancer la soufflerie. Il faut y aller petit à petit si on ne veut pas se retrouver sous un nuage d’escarbilles. Une fois la chauffe lancé ça va aller vite ! Il ne faut pas perdre de temps si on ne compte pas vider 3 sacs de charbon. A titre d’exemple, pour tremper ma lame, j’ai utilisé environ 2 à 4 kg de charbon de bois (ce que j’utilise normalement pour un bon barbeuk’ pour 4/5 personnes)  et tout c’est fait en moins de 10min… Après : plus assez de chaleur.
Bien évidement feu + vitesse = risques. Il faut donc être très prudent, travailler dans un endroit bien dégagé, avoir bien tous ses outils à portée de main, et de l’eau (ou un extincteur) en cas de problème. Personnellement, avant d’allumer le feu pour la première fois j’ai fais un « répétition générale » pour évaluer si tout était à la bonne place pour travailler vite et bien et vérifier qu’il ne me manquait rien.

L’évaluation visuelle du rouge de la lame doit se faire avec pas trop de lumière donc le soir est le moment idéal. Et en plus, entre chien et loup, le magnifique spectacle des braises et la danse des escarbilles ravira toute la famille.

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Pour aller plus loin quelques liens qui m’ont été bien utiles :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Traitement_thermique#En_m.C3.A9tallurgie
http://coustil.free.fr/forge_feu_fr.html
http://coustil.free.fr/forge_charb_fr.html
http://fabriquersoncout.11vm-serv.net/les_aciers.htm
http://fabriquersoncout.11vm-serv.net/forge.htm
http://fabriquersoncout.11vm-serv.net/Trempe%20de%20l%27acier.htm
http://tsaucray.free.fr/1%20metallurgie/17%20traitement%20thermiques/F24.htm
http://tsaucray.free.fr/1%20metallurgie/17%20traitement%20thermiques/F27.htm

Ça fait pas loin de 800.000 ans que l’homme allume un feu pour cuire ses aliments. Depuis ce temps, il faut croire que c’est entré dans nos gènes car encore aujourd’hui, à l’heure de la plaque de cuisson ultra-technologique, aux premiers rayons de soleil, l’homme se précipite dehors pour allumer un barbecue. C’est devenu un incontournable rituel que de cramer ses merguez en tongs et short à fleur, le pastis à la main. Ceux qui l’ont bien compris c’est les éternels marchands du temple qui fourguent à la tonne des barbecues hors de prix et des kilomètres de gadgets ridicules. Un des gestes les plus basique (allumer un feu) est, semblerait-il, devenu le truc le plus compliqué au monde nécessitant à peu près autant de matos que pour faire décoller une navette spatiale !!!

Chez nous, pas de chichis ! On barbecute décroissant et économique !

Le barbecue en lui-même à bien 20ans. On l’a récupéré chez l’oncle de C. qui s’en est construit un en briques. De temps en temps, à cause des chocs thermiques et de la rouille un des montants latéraux casse car ils ne tiennent que par une toute petite patte. J’ai trouvé la solution en faisant de la « couture ». J’ai percé avec une mèche à métal des trous dans le réceptacle principal et dans ces montants et je les solidarise avec du fil de fer (voir photo ci-contre).
J’ai juste à changer ce fil de fer une fois par an car lui aussi rouille et se fragilise.

Question outillage, pour la cuisson je n’utilise qu’une pince. Les couteaux, fourchettes, spatule du kit sont dans 99% des cas absolument inutiles. Par contre je me suis construit quelques outils annexes :

De gauche à droite sur la photo : un tisonnier pour touiller la braise fait d’un simple bout de métal (trouvé dans le jardin) vissé sur un manche. Une brosse pour nettoyer la grille faite avec une vieille brosse métallique de perceuse dont la tige est fichée dans un trou percé dans le manche et une pelle à cendre fabriquée avec une boite de conserve découpée, déroulée et pliée. Tous les manches sont en branches de noisetier du jardin. Je les ai prévu assez long (50cm) afin de pouvoir utiliser les outils « à chaud » sans me brûler les mains.

Avec une vieille plaque de tôle j’ai fabriqué un « couvercle ». Je le pose sur la grille dès que la cuisson est terminée. Ainsi la chaleur des braises résiduelles reste  bien enfermée et brule toute les graisses restées sur la grille. Fini la corvée de nettoyage ! Un coup de brosse et c’est nickel. Autre avantage, part temps de vent, même si les cendres du barbecue de la veille n’ont pas été enlevées, elle ne volent pas partout.

Pour allumer le barbecue : des demi-bouchons de bouteille de vin, dans un bocal contenant un peu d’alcool à bruler. Pour quelques centimes d’euros j’ai des allumes-barbecue pour toute la saison J’utilise une vieille pince (de toute façon trop petite pour tourner les aliments) pour saisir les bouchons, les enflammer et les disposer dans le foyer.

Enfin, concernant le combustible  je n’utilise quasiment jamais de charbon (hors de prix). Rien que du bois mort ramassé sur notre terrain ou lors de nos balades en forêt. En plus d’être  gratuit ça donne un bien meilleur goût aux aliments. La braise dure un petit peu moins longtemps mais dans le cadre d’un barbecue familiale ou entre amis c’est largement suffisant pour cuire tout ce qu’on veut et y faire fondre un camembert après !

M.

Encore un outil tranchant hérité de mon grand-père sarde. Et cette fois, c’est du fait maison. Une lame de serpe, fichée dans un long manche (un tube d’aluminium d’environ 1m50). Ça a l’air de pas grand chose comme ça, mais depuis six ans que je me bats contre les ronces, c’est de loin l’outil le plus efficace que j’ai eu entre les mains.

D’une part le long manche permet de rester à distance des épines. J’ai bossé hier en T-shirt et sans gants : mais pas la moindre égratignure. De plus, ce manche permet de prendre pas mal d’élan et d’avoir une force assez conséquente (un peu comme avec une faux).

La forme de la lame agrippe et coupe parfaitement ronces et arbustes au niveau du sol et sa solidité permet de ne pas craindre un caillou perdu.

Cadeau bonus : avec un peu d’habitude, on arrive dans un même geste à couper et mettre directement en tas.  Si ! Si !

Pour  les plus sceptiques voici la preuve en image :
Un taillis composé de ronces, prunus et rejets d’acacia. Taille : 4m x 2m sur 2m de haut.

Exactement 15minutes plus tard :
Plus de taillis et un beau tas de branche ! Impressionnant non ?

J’ai cherché sur le net une trace de cet outil formidable sans grand succès. J’ai juste trouvé trois noms en patois : un daille ou un gojard ou un gouya. Si quelqu’un connait un nom plus générique, merci de nous tenir au courant !

M.

Attention, outil très efficace !
Héritée de mon grand père cette serpe italienne (ou serpette) est d’une redoutable efficacité pour élaguer les arbres de leurs branches basses, nettoyer un tronc abattu et couper rejets et ronces, fendre du bois de petite section. Par défaut, elle peut également remplacer une petite hache pour couper des petits troncs (jusqu’à 15/20 cm de diamètre) avec un peu de courage et d’effort. L’aiguisage se fait simplement d’un coup de meule à eau. Un crochet bricolé avec un bout de métal permet d’accrocher l’outil a la ceinture grâce au trou dans la lame. On veillera a toujours l’accrocher tranchant vers l’arrière pour éviter qu’un doigt ou une main ne viennent s’y frotter. Coté entretien : un graissage de la lame et un cirage du manche en cuir de temps en temps devrait faire l’affaire.

M.