Avant de reprendre mes explications sur la fabrication du couteau numéro 1, voici une petite présentation de ma 2ème réalisation.
Ce couteau, destiné à être offert à un couple d’amis qui nous hébergeait pendant les vacances a nécessité une 20aine d’heure de travail.

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Comme le premier, il est entièrement réalisé avec du matériel de récupération. Le manche est en bois de chêne. J’ai eu beaucoup de mal a trouver un morceau avec ce veinage  vertical (à contre sens du fil) auquel je tenais absolument. C’est finalement sur une planche au niveau d’un nœud que le Graal est apparu.

cout2 003 (Medium)Le guillochage couvre tout le haut du manche. Il a été entièrement réalisé à la petite lime de serrurier.

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La lame, découpé dans un morceau d’acier à la meuleuse, a été travaillée à la lime, au papier de verre et à la ponceuse avant d’être trempée. L’aiguisage a été fait à la pierre avant un polissage au disque de coton monté sur ma perceuse. Le manche, après ponçage, a été traité par 8 couches fines d’huile pour protection de plan de travail (marque Osmo).

cout2 005 (Medium)Les rivets sont également fait maison : c’est un petit tube de cuivre, dans lequel j’ai passé deux fils électriques (cuivre aussi) puis coulé de l’étain fondu. Le passage de la sangle est également fait d’un petit morceau de tuyau de cuivre.

cout2 001 (Medium)Coté cuire, le fourreau a été moulé a chaud autour du couteau puis cousu de fils noir et blanc. Un bouton de pression serre l’ouverture. Au dos il y a un passant pour le port a la ceinture.  La sangle a été tout bêtement découpé au cutter et à la règle. Le « gland » vient d’un store qui passait à la poubelle au boulot.

Vivement le n°3 !!!

forge1Ceux qui me suivent sur facebook, savent que je travaille à la réalisation d’un couteau. Nous reviendrons plus tard sur les détails cette fabrication pour nous concentrer aujourd’hui sur le foyer de forge et ses utilisations.
Pour ce premier couteau, je ne forge pas le métal, je n’ai pour l’instant ni le savoir faire ni le matériel (enclume etc…) et pourtant je vais quand même avoir besoin du feu pour les traitements thermiques de l’acier.

Après avoir lu tout un tas de choses, je vais essayer d’être le plus claire possible quitte à faire quelques approximations.  Pour des information plus précises, voir les liens en fin d’articles et rendez-vous sur google, wikipedia etc…

J’ai découpé ma lame dans un morceau d’acier de récupération dont je ne sais absolument rien. Je vais donc lui appliquer 4 traitements thermiques avec des températures « au jugé ».

1) la normalisation : comme je ne sais rien ce ce bout de métal, je pars sur le principe qu’il a peut-être été chauffé, tordu, frappé, martyrisé dans son enfance.  Afin d’effacer de sa mémoire atomique tous ces traumatismes, je le chauffe au rouge et je le refroidis à l’air ambiant.

2) le recuit (ou détrempe) :  En essayant de le limer je me suis rendu compte que cet acier est très dur donc, sans doute, trempé. Pour le rendre plus « mou » et facile à travailler, il faut le chauffer au rouge et faire en sorte qu’il refroidisse le plus doucement possible. Pour ma part je l’ai plongé dans un sceau remplis de chaux. On peut aussi utiliser d’autre matériaux isolants comme du sable (parfaitement sec) ou (c’est le top) de la pouzzolane. On laisse refroidir tout doucement jusqu’au lendemain.

3) la trempe : Après avoir mis en forme la lame on va lui (re)donner sa dureté grâce à l’opération la plus connue : la trempe. Pour cela on chauffe au rouge cerise (pour vérifier que la température est la bonne on peut approcher un aimant : il ne doit plus coller) puis directement tremper le métal dans un bain d’huile végétale. Il ne faut pas perdre de temps entre la sortie du foyer et la tempe sinon les parties fines auront le temps de refroidir et ne seront pas trempées. Il est conseillé de chauffer un peu l’huile pour éviter un trop gros choc au métal. Pour ça, j’ai fais chauffer un gros galet que j’ai plongé dedans. A moment de la trempe, l’huile prend souvent feu en surface. Rien de grave ça s’éteint normalement tout seul. Néanmoins il vaut mieux toujours utiliser une bonne quantité d’huile (5/6 litres pour des objets de petite taille), la mettre dans un récipient en métal (j’ai pris un pot de peinture) et avoir un couvercle à portée de main pour étouffer le feu si nécessaire. Rappel important : ne JAMAIS essayer d’éteindre de l’huile en feu avec de l’eau.

4) le revenu : il permet de réduire les tensions internes dues au choc de la tempe et solidifier ainsi le métal. Pour ce traitement plus de feu : une heure à 250° dans le four de cuisine.

forge2Au niveau du matériel nécessaire,  rien de bien sorcier. Un bac d’huile (nous l’avons vus), des pinces pour manipuler le métal chaud (il vaut mieux en avoir avec des manches assez long), et les protections de rigueur : gants de cuir, lunettes, vêtement épais en coton (ou, mieux, un tablier de cuir). Et puis il faut le fameux foyer de forge.

Il en existe qui chauffent à toute sorte de combustible : gaz, électricité, charbon… Leur point commun : un prix incroyablement élevé même pour du matériel  semi-pro. Alors, comme d’habitude, on s’arrange avec les moyens du bord. Pour ce premier essai j’ai voulu faire simple : des morceau de dalles de terre cuite pour réduire le foyer, un fond (en terre cuite aussi) pour protéger la fonte du barbecue de la chaleur extrême, et du charbon de bois.

Mais qui a déjà cuit ses merguez sur un feu sait qu’on n’atteint (heureusement)  pas les 800° nécessaires avec du charbon. Pourquoi ? Parce qu’on manque de comburant ! L’air ! Pour monter en température il faut pulser de l’air au cœur du foyer.  On a tous en tête l’image de la forge du moyen-age avec l’énorme soufflet.  Pour insuffler de l’air à mon feu j’ai tout bêtement utilisé un sèche cheveux fixé au bout d’un long tuyaux métallique (pour le protéger de la chaleur). Au niveau de la jonction sèche-cheveux / tuyau, j’ai étanchéifié avec du scotch. J’ai également écrasé (à la masse) le bout du tuyau pour concentrer le flux d’air.forge4

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On allume comme un feu standard (papier journal) et dès que ça commence à prendre on peut lancer la soufflerie. Il faut y aller petit à petit si on ne veut pas se retrouver sous un nuage d’escarbilles. Une fois la chauffe lancé ça va aller vite ! Il ne faut pas perdre de temps si on ne compte pas vider 3 sacs de charbon. A titre d’exemple, pour tremper ma lame, j’ai utilisé environ 2 à 4 kg de charbon de bois (ce que j’utilise normalement pour un bon barbeuk’ pour 4/5 personnes)  et tout c’est fait en moins de 10min… Après : plus assez de chaleur.
Bien évidement feu + vitesse = risques. Il faut donc être très prudent, travailler dans un endroit bien dégagé, avoir bien tous ses outils à portée de main, et de l’eau (ou un extincteur) en cas de problème. Personnellement, avant d’allumer le feu pour la première fois j’ai fais un « répétition générale » pour évaluer si tout était à la bonne place pour travailler vite et bien et vérifier qu’il ne me manquait rien.

L’évaluation visuelle du rouge de la lame doit se faire avec pas trop de lumière donc le soir est le moment idéal. Et en plus, entre chien et loup, le magnifique spectacle des braises et la danse des escarbilles ravira toute la famille.

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Pour aller plus loin quelques liens qui m’ont été bien utiles :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Traitement_thermique#En_m.C3.A9tallurgie
http://coustil.free.fr/forge_feu_fr.html
http://coustil.free.fr/forge_charb_fr.html
http://fabriquersoncout.11vm-serv.net/les_aciers.htm
http://fabriquersoncout.11vm-serv.net/forge.htm
http://fabriquersoncout.11vm-serv.net/Trempe%20de%20l%27acier.htm
http://tsaucray.free.fr/1%20metallurgie/17%20traitement%20thermiques/F24.htm
http://tsaucray.free.fr/1%20metallurgie/17%20traitement%20thermiques/F27.htm

C’est en me baladant dans les rues de Thiers, capitale française du couteau, que j’ai découvert cet objet au détours d’une vitrine. J’ai tout de suite compris l’intérêt de la lame très courte qui permet d’appliquer plus de force sur la châtaigne dans (trop) risquer d’y laisser un pouce. J’ai donc décidé de transformer un petit couteau de cuisine qu’on n’utilisait pas.

J’ai coupé la lame (en forme arrondie) à la meuleuse pour ne laisser qu’environ deux centimètres. La partie courbe (qui était a l’origine du coté tranchant) sera la partie non tranchante. On inverse donc le sens du couteau pour une meilleur prise en main.J’ai donc bien limé cette partie pour qu’elle soit bien plate et plus du tout coupante.

Ensuite, à la meule, j’ai façonné le tranchant en prenant bien soin de ne pas faire chauffer trop l’acier. J’ai continué l’affutage à la pierre puis au fusil. Il faut un tranchant irréprochable pour pouvoir attaquer la peau dure des châtaignes. C’est donc une étape longue mais absolument indispensable.

Pour inciser les châtaignes on fait une « pince » avec le pouce. Quand on a pas un appareil photo en main, on utilise l’autre main pour tenir la châtaigne et la faire tourner sous la lame.

Si le pelage reste une opération longue, grâce à ce couteau c’est un peu plus facile et surtout moins risqué vu qu’on a pas dix centimètres de lame, inutiles, qui trainent au milieu des doigts.